Trésors
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Notre-Dame du Cénacle

Agir pour la dignité humaine

Aux sources de l’engagement social : de Saint Régis au Père Terme

Matériel pour la dentelle avec dessins, morceaux de dentelles, fuseaux, etc. qui était conservé dans la maison de Lalouvesc

 

À l’image de Saint Jean-François Régis, le Père Terme a voulu intégrer un volet social à son apostolat.

Sensible à la détresse de ses contemporains, Saint Régis ne se contentait pas de prêcher. Il a défendu les dentellières du Puy auprès du Parlement de Toulouse pour restaurer leur droit de produire la célèbre dentelle, leur unique moyen de subsistance. Entre visites aux prisonniers et création de « l’œuvre du bouillon » (ancêtre de la soupe populaire), il a uni apostolat spirituel, charité et justice sociale.

Inspiré par ce modèle, le Père Terme identifie un défi majeur à Lalouvesc : la précarité des jeunes femmes sans travail. Pour y répondre, il fonde une rubanerie. En collaboration avec les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Pal spécialisées dans la fabrication de rubans, dont la formation spirituelle et religieuse lui est confiée, et grâce au savoir-faire de certaines recrues de la congrégation qui avait ce savoir-faire, un atelier de neuf métiers à tisser voit le jour.

Dans sa lettre du 1er mai 1828, dans laquelle il demande à Sœur Thérèse Couderc de prendre le rôle de supérieure, il évoque cet ‘apostolat’ : « il faut que la sœur Marie avec la sœur Claire se tiennent l’une ou l’autre auprès des rubanières et leur fassent la classe. Et vous irez y faire de temps en temps quelque tour ».

Le Père Terme ne perd pas de vue le bien moral et religieux : les « classes » qui sont ici évoquées sont les leçons de catéchisme quotidiennes que les religieuses devaient faire dans l’atelier aux ouvrières. Le Père Terme aurait même eu l’idée de le faire devenir une association pieuse. Cet atelier prend fin rapidement car les exigences de productivité n’étaient pas compatibles avec la régularité exigée de la vie religieuse.