Trésors
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Notre-Dame du Cénacle

Apostolat dans un contexte multiculturel

Adapter la mission aux cultures locales à Madagascar

Ambanja, 1981. « Un foyer Sakalava ayant déjà deux enfants mais qui vient de recevoir seulement le sacrement du mariage. Il y a le 1er enfant sur la photo » ; « un petit groupe de jeunes enfants Sakalava le jour de leur confirmation ». Source : MM, 3S 2/18.

 

À Madagascar, la population est composée de nombreuses ethnies. Chacune possède sa propre culture et son propre dialecte. On distingue généralement deux grands ensembles : les habitants des Hauts-Plateaux » et les peuples « côtiers ».

En 1982, lors d’une visite canonique, les Sœurs notaient ainsi que dans leur apostolat elles étaient confrontées à plusieurs ethnies : les Merina sur les Hauts-Plateaux ; les Betsiléo, au sud d’Antsirabé et à Fianarantsoa ; les Sakalava au nord-ouest (Ambanja) ; les Bara, au sud-est (Farafangana).

Cela a des conséquences pour l’apostolat : « les sœurs étant toutes des Hauts Plateaux (même avec des types différents) il leur faut s’adapter à une mentalité qui n’est pas la leur et il y a nécessité pour elles d’apprendre le dialecte de la région si elles veulent avoir un apostolat fructueux ».

Cette adaptation est nécessaire car les coutumes varient selon les peuples. Par exemple, chez les Saklava (« habitants des longues vallées »), les couples arrivent souvent à la préparation au mariage alors qu’ils vivent déjà ensemble et ont déjà des enfants (comme ce couple avec un de ses enfants photographié après leur mariage religieux). Cela demande aux Sœurs de changer leur préparation puisqu’habituellement elles préparent les fiancés avant leur mariage et leur cohabitation.

Le mélange des cultures et des milieux sociaux crée aussi des défis humains. En 1956, au Cénacle en brousse d’Ambohipo, la formation des fiancées rencontre des obstacles liés aux traditions et aux origines. Les Sœurs racontent cette expérience : 

« Restait encore une autre difficulté, plus subtile, d’ordre psychologique : une fois le groupe constitué, comment arriver à faire fusionner dans un effort commun, des éléments si divers, de régions et de castes variées.  […] Dès la première année, nous nous sommes heurtées, pour constituer les équipes de travail, à des oppositions, soit de castes : “Je ne veux pas être avec des esclaves”, déclarait fièrement Suzanne, issue de la haute noblesse malgache et associée en effet à des descendantes de familles autrefois soumises à l’esclavage. — soit de régions : les groupes ethniques sont divers et aussi les traditions et le mouvement d’évolution (les secteurs proches de la ville, par exemple, sont plus développés humainement, mais aussi marqués hélas ! par une civilisation bruyante et superficielle) ; en 1956, ce fut, pour commencer, l’affrontement de deux grands districts parmi les plus évolués, et afin d’obtenir les efforts essentiels en vue d’une entente fraternelle et évangélique, il a fallu consentir quelques concessions, opérer entre autres des regroupements diplomatiques dans les dortoirs » (« Le Cénacle sous l’Ankaratra », Bulletin de nouvelles du Cénacle de la Région de Madagascar, déc. 1956).