Trésors
d'Archives

Notre-Dame du Cénacle

Découvrir une nouvelle culture

La découverte d’une autre façon de se penser

Source : « À Tananarive, récompense après l’effort ! » (à Madagascar, les Sœurs ont fait des bonbons un outil de motivation dans leur apostolat auprès des enfants). MM, 3S 3/18c.

« Le Cénacle sous l’Ankaratra » (Bulletin de nouvelles du Cénacle de la Région de Madagascar), déc. 1956.

 

À Madagascar, les Soeurs découvrent une autre culture du nom et de l’âge. Les Soeurs s’en étonnent et sont contraintes de s’adapter maladroitement lors de la rentrée du catéchisme des enfants en 1956. C’est ce que décrit l’équipe des catéchistes en racontant la journée du 4 octobre. Après l’inscription des enfants du catéchisme de langue française, arrive le tour de celui de langue malgache.

 

«  Quand tout ce jeune peuple a quitté la maison, on se prépare pour recevoir l’après-midi les enfants des CATÉCHISMES DE LANGUE MALGACHE, recrues venant d’un rayon plus ou moins éloigné…

Si les autres inscriptions étaient parfois difficiles, que dire de celles-là ? Bien des enfants ne savent ni lire ni écrire, ni même prononcer exactement leur nom ! Et ils viennent d’eux-mêmes, sans leurs parents ! La Mère responsable se fait aider par deux jeunes filles malgaches, mais, bien que “débrouillées”, celles-ci y perdent… “leur Malgache” !

Première question : “Iza no anaran’ny dadanao ?” “Quel est le nom de votre papa ?” C’est le seul moyen de repérer les frères et sœurs, tous enfants du même père, car le nom de chacun, qui est “personnel” ne nous indique rien sur la parenté ; pour la plupart, le nom patronymique n’existe pas encore. Et les réponses sont loin d’être claires ! Trois fois la même question, trois réponses différentes ! Nos jeunes filles ont fort besoin d’être encouragées pour poursuivre l’interrogatoire jusqu’à obtention d’une lumière satisfaisante ! Après, c’est le prénom : “Comment vous appelez-vous ? Et l’on voit défiler tout un assortiment de vocables choisis… ; un des mieux, peut-être : Claude-Ignace de la Colombière. Puis vient le tour du nom malgache : “Ra iza ?“. Que ne pouvez-vous écouter cette série de noms colorés, chargés de signification poétique : “le beau nuage”, “… celui qui a mille richesses”, “… l’enfant du bien” etc.. Pour finir, la plus grande difficulté, au moins chez les petits : “Quel âge avez-vous ?”. Silence… 8 ans ?.. Oui… 6 ans ? Oui… Comment en sortir ? On cherche à l’aide du nom du papa, un grand frère ou une grande soeur : “Quel âge a-t-il ?”… Un temps de réflexion… “Peut-être 5 ans”, et tant qu’on n’aura pas obtenu l’acte de baptême, on n’en saura pas plus ! […] »