Depuis près d’un siècle, l’Apostolat de la Prière permet de tisser un lien spirituel entre les catholiques locaux et certaines communautés du Cénacle. Appelé « Crusade of Prayer » (Croisade de Prière) et abrégé en « Croisade », cet apostolat s’appelle aujourd’hui le « Prayer Enrollments » (Inscriptions spirituelles). Cet apostolat des cartes de prière permet aux retraitants, et plus largement aux fidèles des environs, de partager les grâces des messes, des prières et des œuvres spirituelles des Sœurs du Cénacle.
Ce service spirituel consiste à inscrire le nom d’une personne (soi-même, un proche, une personne malade ou un défunt) pour qu’elle bénéficie des prières et des messes d’une communauté du Cénacle. L’inscription pouvait se faire autrefois en se rendant au bureau de la Croisade d’une maison du Cénacle ou par correspondance ; aujourd’hui elle peut se faire par Internet.
Les personnes qui s’inscrivent (ou sont inscrites par d’autres) deviennent membres de la “Croisade” (enrollment). Il existe des inscriptions annuelles ou des inscriptions perpétuelles (l’intention de la personne est portée dans la prière “à perpétuité”). En offrant une “carte de prière”, on assure à la personne qu’elle est incluse dans les intentions de prière quotidiennes de la congrégation. Elle en retire des bénéfices spirituels puisqu’elle partage les mérites des messes quotidiennes, des prières et des œuvres de la congrégation.
Les cartes ainsi données aux bénéficiaires sont de très belles cartes illustrées, avec le nom calligraphié. Elles peuvent être envoyées par la poste.
Les cartes proposées s’adaptent aux moments clés de la vie : cartes de sympathie pour le décès d’un proche, cartes pour une guérison pour soutenir un malade, occasions spéciales (anniversaires, mariages ou fêtes religieuses).
Cet apostolat remplit donc deux fonctions :
Deux cartes de l’Apostolat de la Prière : une carte d’affiliation perpétuelle et une carte de condoléances
Source : NAP, C-II Prayer Enrollment Collection.
Aux États-Unis, l’apostolat des cartes de prière des Sœurs du Cénacle débute sous le nom de « Croisade de Prière » (Crusade of Prayer). Il est fondé par Mère Mary Shannon au Cénacle de Boston en 1928. À l’époque où Mère Shannon a l’inspiration de créer l’Apostolat de la Prière, le Cénacle de Boston est engagé dans une collecte de fonds pour rembourser une dette contractée par la maison afin de construire une chapelle et une nouvelle aile. L’idée de Mère Shannon est de créer de belles cartes pour les personnes ayant besoin de prières pour diverses intentions.
Par la suite, toutes les fondations du Cénacle d’Amérique du Nord adoptent l’Apostolat de la Prière. Hors des États-Unis, il est présent dans les Cénacles d’Angleterre, du Canada, du Pérou, de la Nouvelle-Zélande et des Philippines. En 1995, le nom de l’apostolat change : la « Crusade of Prayer » devient « Prayer Enrollments » (Inscriptions aux prières). L’inscription à l’apostolat des cartes de prière du Cénacle prévoit la célébration d’une messe mensuelle, offerte pour tous les inscrits ainsi que pour les personnes qui les ont inscrits. Les inscrits sont portés dans la prière quotidienne des Sœurs du Cénacle ainsi que par les nombreux amis du Cénacle (Associés et Auxiliaires) qui participent à cet apostolat.
Pour plus d’informations : https://cenaclesisters.org/prayercards/. Vous pouvez trouver une vidéo sur cet apostolat sur la chaîne YouTube des sœurs de la Province d’Amérique du Nord : « Celebrating 97 Years of the Cenacle Prayer Card Ministry » .
Annonces pour l’Apostolat de la Prière dans le Bulletin du Cénacle de Nouvelle-Zélande, 1959 and 1963
Source : NAP, A-II New Zealand, Box 3.
Le bulletin d’information du Cénacle de Nouvelle-Zélande promeut l’Apostolat de la Prière à Auckland, comme en témoignent ces deux exemples. La première annonce, de 1959, montre une retraitante et une sœur admirant une carte de prière sortie d’une vitrine à l’entrée principale du centre spirituel. La seconde annonce, de 1963, présente l’illustration d’un « cracker » de Noël (papillote surprise) où, au lieu de bonbons et de jouets, les cadeaux sont des cartes de prière. Le texte de la publicité indique : « Voici une idée éclatante pour vos cadeaux. Une carte de la Croisade de Prière pour chaque occasion. La différence, c’est qu’en tirant sur celle-ci… il y aura une véritable pluie de bénédictions spirituelles. »
Dès la fin du XIXe siècle, les sœurs ont coutume de partager entre elles des cartes marquant un événement important : des vœux, un jubilé. Elles les confectionnent elles-mêmes, calligraphient le verset biblique ou la parole de Mère Thérèse à transmettre et les illustrent en copiant ou s’inspirant de répertoires de modèles d’enluminures.
À Rome, quelques Mères du Cénacle réalisaient des enluminures (Parchappe, Mellier, Hill, Lejeune…). Certaines étaient faites dans un but rémunérateur pour décorer des demandes de bénédictions apostoliques au Saint-Père, livres de souvenirs de familles, prières, etc. Les archives générales conservent les modèles qui étaient présentés aux clients potentiels. Des documents de la Congrégation bénéficiaient aussi de ce savoir-faire en matière d’enluminure et de calligraphie, comme les Cérémoniaux manuscrits propres à la Congrégation.
La Mère Parchappe est la plus connue de ces Sœurs. Josèphe Parchappe est née à Buenos Aires en 1829. Elle est entrée dans la Congrégation en France en 1863. Après avoir vécu dans plusieurs maisons, elle est envoyée à Rome en 1892, puis dans la maison de Monte Mario où elle décède en 1908. Son ménologe, c’est-à-dire une petite biographie écrite après sa mort, parle de ce talent qu’elle avait :
La Mère Parchappe était très artiste et possédait un bon talent de peinture. Elle le cultiva, le perfectionna, elle y excella. Elle excella en particulier dans la peinture d’ornementation et toutes sortes d’enluminures. Elle avait comme le génie de l’antiquité. Dans sa jeunesse religieuse, elle eut l’honneur d’aider la Révérende Mère Marie Aimée à enluminer le Livre d’Or des Bienfaiteurs de la Basilique de St Martin de Tours. Dans un âge plus avancé son talent consommé rendait sa présence un véritable bienfait pour la Maison où elle se trouvait, et la peinture devint pour elle comme une seconde vocation.