Membre de la Compagnie de Jésus, St Jean-François-Régis est un des plus grands prédicateurs du XVIIe siècle. Il parcourt le Velay, le Vivarais et le Forez pour évangéliser les campagnes. Il meurt d’épuisement et de froid en 1640, en pleine mission à Lalouvesc, petit village devenu rapidement un lieu de pèlerinage.
Le Père Terme voue une grande dévotion à ce saint dont l’ardeur missionnaire l’inspire. C’est donc sous son patronage qu’il place la petite congrégation fondée par lui à Aps en 1821 : « Le grand St Régis vous protégera, c’est son affaire ». En 1824, sur sa demande, il est choisi par l’évêque pour faire partie d’un groupe de prêtres missionnaires chargé d’accueillir les pèlerins à Lalouvesc à la belle saison et de parcourir les campagnes le reste du temps pour des missions d’évangélisation.
Dans ce cadre, il écrit un livre consacré au Saint, « lequel contient en abrégé la vie du Saint ; ce que doit faire le pèlerin qui vient le prier pour mériter sa protection, un grand nombre de miracles opérés sur son tombeau, et un certain nombre de prières. » (Sœur Pacifique). Peut-être cela correspond-il à une brochure de 1827 : « Le Pèlerinage de St Jean-François Régis à Lalouvesc, par un missionnaire de St Régis » (qui mentionne la maison d’accueil spirituel des Sœurs de St Régis). En tout cas de larges extraits de cette brochure sont repris dans une autre datée de 1845, postérieure à la mort du Père Terme, mais portant « Etienne » comme nom d’auteur.
Mère Thérèse partage avec toutes ses sœurs cette dévotion. Ensemble, elles prient des neuvaines à St Régis, notamment en 1867 pour demander l’amélioration de la santé de Mère Stéphanie Dambuent. Mère Thérèse commente le 21 juillet : « pourrait-il être indifférent aux prières de ses filles, lui qui fait tant de miracles pour tous ceux qui ont recours à son intercession ? Je suis bien résolue de ne pas cesser de l’importuner. »
En 1879, fêtée comme chaque année le 15 octobre – jour de la Ste Thérèse d’Avila – elle reçoit ce portrait de St Régis accompagné de reliques du saint. Le 19 octobre, elle remercie sa correspondante, Mère Marguerite de Fraix, supérieure de la communauté de Lalouvesc, de le lui avoir offert : « Merci encore de la belle et précieuse image de Saint-Régis, dont vous avez bien voulu vous priver pour moi. » Et deux jours plus tard, pour remercier une autre de ses sœurs, la Mère d’Esparbès, des vœux qu’elle lui a adressés, Mère Thérèse lui envoie ce même portrait de St Régis, au verso duquel elle a écrit de sa main : « Vive Jésus, vive sa croix » (en souvenir d’une religieuse récemment décédée). Une manière de partager, de transmettre, de faire circuler les bénédictions et grâces à obtenir en priant le Saint de Lalouvesc.
Mère Thérèse renouvelle pareil geste en 1881 : elle adresse une nouvelle relique de St Régis, reçue de Mère de Fraix, à son neveu prêtre.