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Notre-Dame du Cénacle

Méthodes

Mère Marguerite Dufraisse (1882-1943)

Source : ACF, 3S2 /37.3

Pendant près de 20 ans, de 1924 à 1943, la Mère Marguerite Dufraisse exerce son apostolat au Cénacle de Breteuil, à Paris, au service principalement des enfants. Elle est chargée notamment du catéchisme des petits de 4 à 8 ans, y compris la préparation à la première communion, puis du catéchisme de persévérance proposé aux 12-15 ans (entre les deux, un catéchisme paroissial prend le relais à cette époque).
Le cours de Mère Marguerite Dufraisse, construit comme un ensemble homogène et progressif au fil des années, se déroule sous la forme d’entretiens ou d’échanges continuels. Il vise à former le cœur et la conscience, à instruire l’intelligence et à exercer la volonté à poser des actes : faire réfléchir, découvrir, désirer, choisir et décider.
Par le rayonnement de sa vie intérieure, joint à un véritable don pour toucher les enfants, Mère Dufraisse marque durablement les esprits. Elle meurt prématurément en 1943, mais sa méthode, reprise et diffusée par le Cénacle, continue à nourrir avec fruit des générations d’enfants pendant au moins une trentaine d’années.

À Madagascar par exemple, Mère Gabrielle Moulet confectionne ce carnet illustré de préparation à la première communion. La préparation de l’âme y est comparée à la préparation d’une chapelle intérieure, dont chaque élément nécessite des soins particuliers, prétextes à autant d’attitudes spirituelles à cultiver. Chaque semaine, l’une d’elles est mise en valeur à l’aide d’un exemple concret. À l’issue de la séance, l’enfant est invité à s’approprier son cheminement intérieur : à chaque acte posé, il peut ajouter de la couleur à l’illustration.

 

La galerie permet de voir la progression au fil des sept semaines :


Semaine 1 : tailler les pierres de l’autel avec des actes d’obéissance, cimentés par des actes de douceur
Semaine 2 : confectionner les carreaux du tapis avec des actes d’humilité
Semaine 3 : décorer avec des fleurs – représentant chacune un sacrifice
Semaine 4 : ajouter des cierges à chaque devoir bien fait et des flammes à chaque prière
Semaine 5 : préparer des nappes blanches délicatement brodées par des actes de loyauté, propreté, ordre et politesse
Semaine 6 : fabriquer la petite clé d’or du tabernacle en disant « oui » à Jésus
Semaine 7 : préparer le ciboire d’or par des actes de désir et préparer la farine de l’hostie en rassemblant des grains de blé, en posant des actes d’amour

Carnet de préparation à la première communion, d’après les notes de Mère Marguerite Dufraisse

Source : ACF, 3 J [M] 94

Avec Jésus sur le chemin du Ciel : la méthode de la Mère Marguerite Dufraisse pour les enfants, reprise par la Mère Antoinette Chicot

Source : ACF, 3M2 /16

Après la seconde guerre mondiale, la formation catéchétique s’organise au niveau diocésain voire national. Une lettre de la supérieure générale, Mère Jeanne Corneau, insiste le 25 décembre 1944 : « Notre vocation […. est d’être] des centres d’enseignement catéchétique. » Les sœurs décident de partager le fruit de leur expérience. Elles participent à la formation de catéchistes laïques volontaires. Elles chargent aussi Mère Antoinette Chicot, qui a pris la suite de Mère Dufraisse, de publier des ouvrages d’après les notes et la méthode de cette dernière : Première formation morale et religieuse de l’enfant en 1946 puis Avec Jésus sur le chemin du Ciel, en mars 1947.

Ce dernier est un ensemble de 30 fiches destinées à l’animation d’autant de séances de catéchèse. Il est complété par un album réservé à l’enfant, qui lui permet de s’approprier chaque leçon. Mère Chicot veille à sa réédition, avec des retouches occasionnelles, jusque dans les années 1980. L’ouvrage est traduit en portugais au Brésil en 1951 puis en anglais pour le Royaume-Uni en 1956.

Dieu Notre Père : la méthode de la Mère Dufraisse pour les adolescents.

Source : ACF, 3M2 /23

Avec Jésus sur le chemin du Ciel : la méthode de la Mère Marguerite Dufraisse pour les enfants, reprise par la Mère Antoinette Chicot. Leçon 19 sur la conscience : fiche de la catéchiste et fiche de l’enfant.

Source : ACF 3M2 /12 et 3M2 /16

Avec Jésus sur le chemin du Ciel : la méthode de la Mère Marguerite Dufraisse pour les enfants, reprise par la Mère Antoinette Chicot. Livret de la catéchiste, avec les différentes fiches

Source : ACF, 3M2 / 12

Le cours de Mère Marguerite Dufraisse s’adresse aux enfants depuis 4-5 ans jusqu’à 7-8 ans, passe le relais au catéchisme paroissial puis propose une formation dite “de persévérance” aux 12-15 ans. C’est ce cours destiné aux adolescents que Mère Chicot publie à la demande du Cénacle en 1947, avec le concours de l’abbé Joseph Raimond : comme le précédent, il est composé d’un volume pour l’éducateur et d’un volume pour l’élève.

Mère Margaret Bolton, r.c., au Cénacle St. Régis de New York, aux États-Unis, sans date (vers les années 1920)

Source : NAP, P-III Photographs Collection, PH201_334

L’histoire du Club St Régis pour les enfants et de la méthode de la « Voie spirituelle » (Spiritual Way) de Mère Bolton pour l’enseignement de la doctrine chrétienne débute en 1914. Mère Marie Majoux, supérieure locale du Cénacle St. Regis à New York et vicaire des Cénacles aux États-Unis, souhaitait depuis longtemps que les Sœurs du Cénacle participent à l’instruction des enfants des écoles publiques. En 1914, ses prières furent exaucées lorsqu’une organisation d’enseignants catholiques demanda au Cénacle de devenir l’un des 46 centres du diocèse chargés de l’instruction religieuse des enfants des écoles publiques. Les enseignantes, dont certaines étaient de fidèles retraitantes du Cénacle, amenaient personnellement des centaines d’enfants des écoles publiques environnantes au Cénacle et aidaient même à donner les cours. Le Club St. Régis, destiné aux garçons et aux filles, enseignait la doctrine chrétienne ainsi que la couture, la cuisine, la chapellerie (fabrication de chapeaux) pour les filles et l’artisanat pour les garçons. Le club se réunissait trois à cinq après-midis par semaine. 

Journal du Club St. Régis contenant un compte-rendu de janvier 1918 relatif à la participation aux cours de cuisine et de chapellerie, ainsi qu’aux sorties, fêtes et conférences.

Source : NAP, A-II St. Regis, New York

Depuis 1914, Mère Margaret Bolton participait à l’enseignement dispensé aux enfants du Club St. Régis. En 1920, Mère Majoux lui confie la direction de ce programme et lui demande de systématiser et de publier ses méthodes et supports pédagogiques. En 1928, ‘The Spiritual Way’ fut publié, comprenant « 20 leçons inductives soigneusement préparées, une préparation à la confession, à la communion et à la confirmation ». Le livre combine les avancées de la psychologie infantile et les progrès de la pédagogie pour enseigner la doctrine chrétienne d’une manière nouvelle. Au lieu d’un apprentissage par cœur, il forme les enfants à réfléchir, à réagir et à avoir la capacité de répondre intelligemment lorsqu’on les interroge sur la doctrine chrétienne. Une version illustrée attrayante publiée par la World Book Company paraît en 1930, et d’autres publications de Mère Bolton suivent, certains livres étant traduits en français, en portugais et en danois.

Source : NAP, Sisters Writings Collection

  1. La voie spirituelle, premier livre, par Mère Margaret Bolton, r.c. (couverture et première page), 1930
  2. La première Communion d’un petit enfant, premier livre, 1935
  3. La Voie Spirituelle, premier livre (Traduction française), 1937
  4. La première communion d’un petit enfant (Traduction française), 1937
  5. Livre d’activités pour ‘L’heure de Dieu à la crèche’ (God’s Hour in the Nursery), 1947
  6. A Hora de Deus Para Crianças (Traduction en portugais
    de L’heure de Dieu à la crèche), 1948
  7. Caminho Espiritual Livro 1 (Traduction en portugais de La voie spirituelle, premier livre), 1949
  8. Barnets Forste Kommunion, Forste Bog (Traduction danoise de La première communion d’un petit enfant, premier livre), 1951
  9. Documents d’examen pour La première communion d’un petit enfant, 1933
  10. Guide pour L’heure de Dieu à la crèche, 1947

Manuel pour La voie spirituelle, 1930

Mère Margaret Bolton a rédigé des manuels destinés aux catéchistes afin qu’ils puissent les utiliser dans le cadre de leur enseignement à partir de ses livres pour enfants. Elle a également donné des cours de démonstration au Cénacle, et des formations destinées aux enseignantes selon la méthode de la Voie spirituelle ont été organisées à l’intention des sœurs de divers ordres religieux de New York et de Boston, ainsi que pour des laïques. En tant que professeure associée au département d’éducation de l’université Fordham à partir de 1927, Mère Bolton a donné des cours de doctrine chrétienne à l’université d’été de cette dernière ainsi que dans d’autres universités, en utilisant la méthode de la Voie spirituelle comme base de ses cours.

“Expérience de vie chrétienne” au lycée, Manille, Philippines

Source : NAP, P-III Photographs, PH237_132

Expérience de vie chrétienne au lycée

Aux Philippines, en 1968, deux Sœurs du Cénacle de Quezon City collaborent avec les professeurs de religion de deux lycées publics pour organiser « Une journée avec le Seigneur » dans le cadre d’une expérience de vie chrétienne.

L’apostolat du Cénacle était très sollicité aux Philippines, en particulier pour les retraites et le catéchisme destinés aux jeunes. En décembre 1968, un an seulement après l’implantation des Sœurs du Cénacle dans le pays, les sœurs Lily Quintos et Vicenta Saniel animent une expérience de vie chrétienne au Concordia College pour les élèves de quatrième année des lycées Villamor et de la Fuente. Leurs collaboratrices dans cette expérience sont des professeures de religion des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul : Sœur Flora Murahina du lycée Villamor et Sœur Rosa Morgia du lycée de la Fuente.

Catéchisme par correspondance, article paru dans le Bulletin d’information du Cénacle de Nouvelle-Zélande, 1962

Source: NAP, A-II New Zealand, Box 3

 

 

Au milieu des années 1950, Mgr James Liston, archevêque du diocèse d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, demande aux Sœurs du Cénacle de prendre en charge le cours par correspondance sur la vie chrétienne. Lorsque les sœurs prennent leurs fonctions, 1 600 enfants sont inscrits, provenant principalement de zones rurales. Le nombre d’inscrits augmente rapidement pour atteindre finalement 5 888 enfants.

Catéchisme par correspondance

Source : The Cenacle, 1959.

De nombreuses laïques se portent volontaires pour aider les sœurs dans cet apostolat : envoyer les leçons aux enfants et corriger les devoirs lorsqu’ils sont renvoyés. Une lettre d’une mère reconnaissante, publiée dans l’édition de 1962 du bulletin « The Cenacle », témoigne de l’efficacité de cette méthode d’enseignement : « L’arrivée du nouveau cahier de catéchisme chaque mois et le retour des devoirs corrigés sont toujours des moments très attendus chez nous. Les trois enfants sont impatients de voir les notes qu’ils ont obtenues – et ils réagissent à tout commentaire encourageant – et de découvrir leurs nouveaux cahiers. Je lis généralement les nouvelles leçons avec eux individuellement… Cette supervision demande une patience infinie – une vertu difficile à cultiver pour une mère très occupée. Cependant, notre objectif est de mettre nos enfants sur le chemin du ciel, ce qui est une récompense qui vaut tous nos efforts ».