Trésors
d'Archives

Notre-Dame du Cénacle

Les fondations dans le monde

1879 Italie

1888 Royaume-Uni

1892 Etats-Unis d’Amérique

1896 Belgique

1898 Suisse

1905 Netherlands

1928 Brésil

1947 Canada

1948 Madagascar

1953 Nouvelle-Zélande

1954 Ireland

1966 Pérou

1967 Philippines

1969 Argentina

1980 Australia

1990 Ghana

1996 Togo

1997 Singapour

Départ de Versailles des fondatrices du Cénacle de Rome

 

Première fondation hors de France, le Cénacle de Rome est appelé dès 1876 dans la ville éternelle par le P. Laurençot, jésuite. Le projet se concrétise trois ans plus tard. Les religieuses désignées pour la fondation sont la Mère Estienne, la M. Isabelle de Bridieu, la Mère Hélène de Ligonnès (qui vient tout juste de prononcer ses vœux le 3 octobre) et la Sr Eugénie Billet. Le journal de la communauté de Versailles rapporte le sacrifice que représente la séparation : séparation douloureuse pour les liens fraternels, séparation douloureuse aussi pour l’organisation de la communauté de Versailles, qui perd la Secrétaire générale de la Congrégation et une économe « toute formée ». Les lettres des voyageuses insistent sur la joie, les émotions et les actions de grâce pour l’accueil reçu.

Source : ACF, 9 B 20 / 7, journal de la communauté de Versailles.

Cénacle de Rome, rue de la Stamperia

 

Parties de Versailles le 9 octobre, les fondatrices passent par Paris, Lyon, Chambéry, et entrent dans Rome le 15 octobre, en la fête de Ste Thérèse. Abritées d’abord dans l’appartement d’une Comtesse partie pour le noviciat de Versailles, les sœurs louent ensuite un appartement dans le palais Balestra pour quelques temps, avant de pouvoir acheter un palais rue de la Stamperia : vaste demeure de plusieurs étages, donnant sur une place et disposant d’un jardin – dans lequel pose la première supérieure de la communauté Mère Paola Filippi.

Source : ACF, 3S1 /6. Cartes postales des Cénacles de Rome.

La communauté de Rome en 1890.

 

Dix ans seulement après la fondation, la communauté s’est considérablement agrandie. Une photo prise en 1890 permet de distinguer 12 sœurs de chœur, 9 sœurs coadjutrices, 6 novices (voiles blancs), et 7 postulantes : soit 34 religieuses.

Source : archives provinciales d’Italie.

 

Mgr Hubert Vaughan, évêque de Salford, appelle le Cénacle à fonder à Manchester. Sa demande, en 1887, rencontre l’assentiment de la Supérieure Générale et les encouragements de l’archevêque de Paris. Deux religieuses sont donc envoyées sur place en octobre 1887 pour visiter les immeubles proposés et entamer les procédures d’acquisition d’une demeure située dans un quartier où la construction de manufactures est interdite. Six mois plus tard, les fondatrices, issues des communautés de Paris et de Versailles, se mettent en route : il s’agit des Mères Caroline Ponchon de St André, Anna Browne, Thérèse de Vaines, Valentine de Chamon, Renard et Klein, ainsi que des Sœurs Virginie, Modeste, Émilie et Juliette. Elles peuvent entrer dans leur “monastère” immédiatement : deux maisons, l’une pour la communauté, l’autre pour les retraitantes ; et deux jardins communiquant par une ouverture. Le strict nécessaire a été préparé à l’intérieur par des Sœurs de la Charité pour leur arrivée.

Cénacle de Manchester

Source : MM, 3S 3/15.

Les sœurs coadjutrices de la communauté de Manchester en 1914

Source : MM, 3S 3-15.

Début juillet 1914, la Mère Marie Dognin effectue une visite canonique de la communauté. Elle pose avec la Mère Dolly Vuillaume, supérieure, la Mère Berthe Billardon, assistante, et toutes les sœurs coadjutrices : postulantes, novices et sœurs.

La première inspiration d’une fondation américaine vient de Mère Mary de la Miséricorde, du monastère Corpus Christi à Hunts Point, dans la ville de New York. Mère Mary avait connu le Cénacle en France et était la fille spirituelle de Mère Marie Aimée Lautier, supérieure générale du Cénacle. Pendant des années, elle encourage l’archevêque Michael A. Corrigan à demander la fondation d’un Cénacle. Ce qu’il fait en 1890. C’est ainsi que quatre volontaires intrépides quittent Le Havre, en France, le 9 juillet 1892, pour débarquer à New York huit jours plus tard. Les Sœurs mettent le pied en Amérique avec 200 dollars en poche et le cœur rempli d’espoir et d’attente, déterminées à « faire connaître et aimer Jésus-Christ » en Amérique du Nord.

Source : NAP, A-II St. Regis, New York, Box 9

Les fondatrices aux Etats-Unis. De gauche à droite : Mère Bachelard, Mère de Grimaldi, Madame de Marschall, et Soeur Françoise Ellien.

Les quatre fondatrices du Cénacle aux Etats-Unis étaient :

Mère Christine de Grimaldi, la supérieure bien-aimée de la communauté fondatrice à New York, est décrite comme « petite et simple, pleine de sympathie et de charité pour tous… une âme de foi et de courage ». Elle semble être dotée d’une âme mystique et éprouve une profonde attirance pour le silence, la solitude, la prière et la pénitence. Elle écrit : « … ma prière se limite donc à goûter Dieu, plus qu’à méditer ou à contempler ».

Mère Jenny Bachelard, la trésorière de la communauté est décrite par sœur Françoise Ellien comme « très intelligente, très fascinante, avec un sens aigu des affaires ». Les notes de retraite de Mère Bachelard datant de 1890 révèlent son implication dans la mission aux États-Unis : « Et si ma Supérieure générale me demandait de partir en Amérique pour y fonder une communauté pour la plus grande gloire de Dieu et de Notre-Dame du Cénacle ? Le travail et les souffrances y seront nombreux, mais Il sera avec moi. Avec quelle joie ardente je m’offrirai pour être avec Lui. »

Madame Marietta de Marschall, d’origine autrichienne, a prononcé des vœux temporaires. Son séjour aux États-Unis est très bref, car elle est rappelée en France en janvier 1893. Son retour soulage les novices de Versailles qui y voient la garantie que servir la mission aux États-Unis n’est pas nécessairement une vocation définitive. On note donc, après le retour de Madame de Marschall en France, que plus de Sœurs se portent volontaires pour servir la mission en Amérique.

 

Sœur Françoise Ellien, à 63 ans, est la plus âgée des quatre pionnières américaines. Lorsqu’elle se porte volontaire pour rejoindre la mission américaine, sa supérieure consulte le médecin de la communauté, qui lui assure que sœur Françoise sera en bonne santé pendant encore 25 ans. Mère Jenny Bachelard la décrit comme « pleine de vie, d’activité et de force ». Si elle n’a jamais appris à parler anglais, sœur Françoise a néanmoins bravé les marchés de New York pour demander aux commerçants locaux des dons de nourriture ou d’autres articles nécessaires au fonctionnement d’une maison.

Source : NAP, P-III Photographies, PH201_001

Le premier Cénacle aux Etats-Unis, fondé en 1892 West 142nd Street, New York, 1892-1894

À leur arrivée à New-York, les quatre fondatrices sont accueillies par les sœurs dominicaines du monastère Corpus Christi à Hunts Point, dans le sud du Bronx. Elles y demeurent pendant quatre mois avant de trouver une propriété à louer, où elles peuvent établir le premier Cénacle. Elles restent jusqu’en 1894 dans cette maison située au 523 West 142nd Street.

Source: NAP, P-III Photographs, PH201_051

La Communauté St Régis en 1895.

Cette photo de 1895 montre les deux premiers groupes de la communauté de New-York. Le premier groupe est arrivé en 1892 et le second en 1893. Au premier plan, de gauche à droite : les Mères Jenny Bachelard, Christine de Grimaldi, Marie de La Chapelle. Au second plan : les Sœurs Françoise Ellien, Claire Schmeltz, Marie de Frontgous. La postulante en voile noir est probablement Sœur Annie Cavanagh, qui entre au noviciat de St Régis en september 1895.

L’initiative de la fondation de Bruxelles revient à des Pères jésuites. En octobre 1896, ils suggèrent au Cénacle d’y acheter une maison occupée par la belle-sœur de l’un d’entre eux, mourante. Deux mois plus tard l’acte d’achat est signé. La première communauté commence le jour-même à habiter la maison. Il s’agit des Mères Pauline de Vibraye (supérieure), Joséphine Buisson et Adèle de Baron, et de la Sœur Léontine Chatet.

 

Cette maison, jusqu’alors un Institut Kneipp (du nom d’un prêtre et de la méthode de soins qu’il avait développée), est encore occupée par des Sœurs franciscaines chargées de prendre soin des personnes en traitement. Pendant les premières semaines, trois d’entre elles restent « pour mettre les nôtres au courant des usages du pays et de la cuisine flamande » (Journal de la maison).

Mère Pauline de Vibraye, première supérieure.

Source : ACF, 3S 1 /8.

La maison [après 1909], après achat d’autres maisons pour compléter la première et divers travaux, dont la construction d’une chapelle.

Source : ACF, 3S1 / 8. x Vestiaire et Repassage ; 1. Communauté ; 2. Bibliothèque ; 3. N.D. du Bon Conseil ; 4. Avant-chœur ; 5. Chœur ; + N.T.R.M. [Notre Très Révérende Mère, la supérieure générale] ; 6. Sacristie ; 7. Réfectoire

Dans l’Histoire de la Congrégation, cette maison tient une place à part. Sa fondation intervient à une période critique pour les congrégations religieuses en France, menacées par la politique antireligieuse du gouvernement. Ainsi, en 1880, le Conseil général décide de poursuivre le projet de fondation en Angleterre comme devant offrir « un asile aux Nôtres en cas d’expulsion ». L’année suivante, Mère Marie Aimée Lautier, supérieure générale, en parle avec Léon XIII : toutes les futures fondations ont « aussi pour but de nous fournir des asiles à l’étranger, dans le cas d’une dispersion ». Lorsque les religieuses de France se dispersent en 1901, le gouvernement général trouve refuge dans la maison de Bruxelles. Il y restera presque 30 ans. Pendant cette période, la maison sera le cadre des Chapitres généraux.

« Souvenir du Chapitre de 1919 » pour la Mère de Montremy. De haut en bas : les Mères Cordonnier, de Boisanger d’Agliano, de Varax, Brachet, des Cordes, Marie-Thérèse Dognin, Breton, Marie Dognin, Billardon, Félicie et Marthe Rostaing, Paola Filippi, Vuillaume, Majoux, Rochette, de Laissardière, Pillet, Isabelle de Montgrand, Choquet, Rina Filippi, de Ricaumont, Maria Pia Maranzana.

Source : MM, 3S 3-10.

L’installation du Cénacle en Suisse se fait lentement malgré la volonté de son initiatrice et bienfaitrice de voir se réaliser rapidement

Photogr. de famille.

Marie-Laure de Maillardoz avant son entrée au Cénacle (1829-1909). 

Fin 1893, Mère Marie Aimée Lautier, supérieure générale, reçoit une veuve de 65 ans : Mme de Maillardoz. Celle-ci lui partage l’appel à s’engager dans la Congrégation entendu lors d’une retraite au Cénacle de Lyon. Elle connaît le Cénacle depuis longtemps puisque son amie d’enfance Hélène de Ligonnès y est entrée en 1869. En même temps, elle évoque son désir de voir une fondation dans sa ville d’origine, Fribourg.

Devenue novice, elle règle ses affaires familiales, peut disposer de la partie de sa fortune qui ne revient pas à ses enfants, et préparer ses premiers vœux. Fin 1895, Mère Marie Aimée envisage donc la fondation. Elle se rend à Fribourg pour connaître la ville et évoquer les opportunités d’apostolat avec l’évêque. Dans ses pensées, un autre élément pèse en faveur d’une implantation dans ce nouveau pays : la politique anti congréganiste du gouvernement français qui pousse les communautés à prévoir des refuges pour leurs membres en cas d’expulsion des religieux. Mais il faut se dépêcher avant que d’autres congrégations n’arrivent dans ce but dans la ville.

Elle envoie ainsi trois religieuses préparer la fondation en cherchant une maison. Parmi elles, Mme de Maillardoz qui a maintenant prononcé ses vœux et qui loge ce petit groupe. Rapidement, Mère Marie Aimée est obligée de l’éloigner : il lui est encore difficile de se conformer au vœu d’obéissance. Sous la nouvelle religieuse, réapparaît facilement la femme indépendante qui a géré sa vie et sa famille pendant des décennies comme elle l’entendait.

Mme de Maillardoz a du mal à supporter la prudence et la lenteur dans lesquelles se fait cette fondation tant souhaitée. Elle aurait voulu que la Congrégation devienne propriétaire d’une maison alors que le choix se porte sur deux terrains voisins sur lesquels on pourrait construire. Elle achète donc la maison pour l’avenir de la communauté, puis, voyant que rien ne se fait et qu’elle est écartée de la fondation, elle la donne à sa fille. Par la suite, elle la rachète pour la Congrégation ainsi qu’une deuxième maison voisine. La propriété ainsi formée a déjà le nom de villa Miséricorde. 

Entre l’annonce fin 1896 de la fondation – à l’achat des terrains – et l’installation sur place fin 1899, il n’y aura eu que quelques Sœurs hébergées dans une autre maison sans pouvoir commencer un vrai apostolat du Cénacle.

Pour en savoir plus : Sœur Yolande Fontana rc, « Le Cénacle de Fribourg, 1899-1929. Un petit monde d’ouverture et de générosité pendant la “dispersion” et la première guerre mondiale », 2018

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Villa Miséricorde. Source : MM, B-FRI.

Depuis plusieurs années, l’établissement de l’œuvre du Cénacle dans le diocèse de Hertogenbosch (où se situe Tilburg) était fortement demandé, notamment à destination des nombreuses ouvrières des fabriques locales. Toutefois, la Congrégation hésitait, confrontée à trois difficultés. D’abord, les Pays-Bas étaient un pays à majorité protestante. Tilburg, bien que catholique, était une petite ville. Mais plus encore, du fait de la barrière culturelle : il n’y avait qu’une seule religieuse néerlandaise, alors que la mission devait impérativement se faire en néerlandais.

Source : MM, B-TIL.
Source : MM, B-TIL.

Circulaire envoyée aux communautés de la Congrégation pour annoncer et faire prier pour la fondation de la maison de Tilburg (recto-verso).

Malgré ces réserves, une première communauté s’installe modestement dans une maison de la famille de Mère Eleonora Houben. L’apostolat démarre sans attendre et connaît un succès immédiat. Face à l’afflux des demandes de retraites et au développement rapide de ses œuvres, la Congrégation est convaincue d’établir le Cénacle de Tilburg de manière permanente. Un terrain est alors acheté pour y construire des bâtiments pour les retraitantes et la communauté, qui peut s’y installer dès 1908.

Source : MM, 3S 3-10.

La maison après la construction de la chapelle en 1913

Mère Houben, la première vocation néerlandaise, a passé la quasi-totalité de sa vie religieuse en Angleterre. Entrée dans la Congrégation en 1881, elle est envoyée comme supérieure à Manchester en 1891 et y mourra. Son retour à Tilburg entre 1905 et 1913 pour participer à la fondation n’est qu’une mission temporaire. Son cas n’est pas isolé : il était fréquent que des Sœurs néerlandaises soient envoyées en communauté dans les pays où la Congrégation s’implantait.

Source : Stefan Graatsma, Ons Cenakel, Tilburg, Hogeschool Katholieke Leergangen, 1996, p. 13. MM, BH 72.

Mère Houben (1854-1924)

La fondation du Brésil est réclamée au Cénacle dès le début des années 1900 par des voix amies originaires du Chili, de Belgique, du Brésil même. A l’une d’elles, qui insiste en 1910 et 1912, la Supérieure Générale Mère Marie-Aimée Lautier répond : « si la Providence me donne un signe de sa volonté, je l’exécuterai. Je voudrais que ce signe fût une novice ». Or, séjourne alors à Paris la famille Figueira de Mello, de Petropolis, amie de la famille impériale brésilienne. L’impératrice déchue suggère à la jeune fille de la maison, Marianna Figueira, une retraite au Cénacle : retraite à la suite de laquelle la jeune femme demande son admission dans la Congrégation. Elle rencontre donc la Supérieure générale à Bruxelles, et celle-ci l’accueille avec ces mots : « vous êtes le signe que j’ai demandé ». Le projet de fondation, mis entre parenthèses le temps de la Première Guerre mondiale, ressurgit dans les années 1920. Il est approuvé au chapitre général de 1926 et il se concrétise en 1928. Mère Marianna fait partie du groupe des fondatrices, avec les Mères Provana, Larthe, et la sœur Marie-Thérèse Destycker.

Source : ACF, 3S2 / 51.3.

Marianna Figueira : le signe attendu pour la fondation. Sur cette page d’album, Mère Figueira figure, debout, sur la photo en haut à gauche.

Après 3 semaines de voyage, les fondatrices sont accueillies fin mai à Rio par les sœurs de l’Assomption. Mais la situation excentrée de ces dernières ne facilite pas la recherche d’une maison adaptée. Les fondatrices déménagent donc chez les sœurs de St Vincent de Paul courant juin : on aperçoit la cornette de l’une d’elles sur une photo. Elles y demeurent plus longtemps que prévu : la maison n’est trouvée qu’en octobre 1928.

Source : MM, B-RIO-1

Carte postale du couvent des Filles de la Charité de St Vincent de Paul à Rio, dans lequel les fondatrices sont hébergées le temps de trouver une maison.

Le jour de la Toussaint 1946, les sœurs Anna Doherty et Katherine McCloskey, des Etats-Unis, se rendent à Toronto afin d’étudier la possibilité d’établir une maison du Cénacle au Canada. Le 2 novembre, elles rencontrent le cardinal James McGuigan, qui accueille le Cénacle dans l’archidiocèse. Il ne reste plus qu’à trouver dans la ville un bien immobilier susceptible d’offrir un cadre idéal pour une maison de retraites. Cependant, aucune maison convenable n’est trouvée lors de cette première visite, ni lors d’une visite ultérieure en janvier 1947.

Source : NAP, P-III Photographs, PH210_004

La première maison du Cénacle à Toronto, Canada

En juin 1947, les Sœurs Katherine McCloskey et Anna McCabe poursuivent leur recherche d’un emplacement pour le nouveau Cénacle de Toronto. Elles trouvent enfin ce qu’elles cherchaient en visitant le manoir Sifton situé à l’angle de Lawrence Avenue East (numéro 318) et de Bayview Street. Leur offre d’achat est acceptée par les Sifton et, le 17 juillet 1947, jour du 55e anniversaire de l’arrivée des premières sœurs du Cénacle à New York, un petit groupe vient prendre possession de la première maison de retraite du Cénacle au Canada. Les sœurs McCloskey et McCabe, ainsi que les sœurs Elizabeth Clifford et Florentine Gonzalez, sont du voyage. Malheureusement, sœur Gonzalez se voit refuser l’entrée au Canada parce qu’elle ne dispose pas des documents nécessaires. Originaire d’Espagne, sœur Florentine Gonzalez a vécu aux États-Unis pendant de nombreuses années avant d’entrer au Cénacle, y œuvrant ensuite fidèlement pendant 25 ans. Les sœurs avaient supposé que son certificat de baptême suffirait pour lui permettre de passer la frontière, mais elle se voit refuser l’entrée. Elle doit alors descendre du train pour retourner à New York, accompagnée de Sœur Elizabeth Clifford. Seules les sœurs McCloskey et McCabe poursuivent leur voyage jusqu’à Toronto. Une semaine plus tard, des renforts arrivent et le Cénacle canadien commence à se développer.

Source : NAP, P-III Photographs, PH210_025

Sœur Anna McCabe et le Cardinal McGuigan au Cénacle de Toronto, 318 Lawrence Avenue, vers 1947.

Source : NAP, P-III Photographs, PH210_257

La première communauté à Toronto vers 1949

 

Au fond, de gauche à droite : les sœurs Mary Flynn, Anna McCabe (supérieure du Cénacle de Toronto) et Jeanne Grasso. Au milieu (un cran plus bas) : les sœurs Mary Sinnott et Mary Maurer. Au premier rang : les sœurs Esperanza Sampson et Benedicta Gorman, et devant, la sœur Bertha Anne Thackray. On aperçoit également deux sœurs de Sainte-Croix de Montréal.

L’idée d’une fondation en pays de mission a été soufflée au Cénacle par le Pape Pie XI et elle chemine lentement dans la Congrégation. La Seconde Guerre mondiale en retarde la réalisation. En 1948, elle prend forme et se concrétise sur l’île rouge. Les fondatrices s’embarquent alors pour une traversée épique en bateau. Ce sont : la Mère Boissard, les Mères Chardon et Laporte-Many, les Sœurs Asella et Martine.



Source : ACF, 3S2 / 46.

Départ des fondatrices de Madagascar

À leur arrivée, les sœurs découvrent la maison choisie par la Mère Boissard lors d’un précédent voyage en avion : « une demeure européenne au milieu d’un jardin où se trouve une habitation malgache, (…) à côté du collège des Pères [jésuites], et aussi accessible à la colonie française qu’aux indigènes. » 

Source : ACF, 3S2 / 46.

Le Cénacle de Tananarive

Des travaux sont engagés dans les années suivantes pour agrandir les lieux. Mais tels quels, ils sont déjà habitables et préparés par des Sœurs de la Providence : « La maison n’a qu’un étage, entouré d’une varangue (de même au rez-de-chaussée), celle-ci ressemble alors à un petit cloître de couvent (…). Après avoir monté trois marches, nous sommes dans le vestibule, puis nous entrons : à droite, deux pièces qui serviront de parloirs, au fond, séparées par une porte, vaisselle et cuisine (….). Sur la gauche, sur la façade, une varangue fermée, puis une grande salle avec boiseries et parquet ciré, une belle cheminée en bois sculpté, au milieu un très beau lustre ; au fond une porte donnant sur la chapelle. (…) Tout ce qui est dans la chapelle et dans la maison nous est prêté, soit par les Pères jésuites, soit par les Sœurs de la Providence. (…) Au premier étage : sept chambres, une grande salle, une varangue fermée. Tout ceci, aménagé avec des cloisons, nous permettra de recevoir bientôt des retraitantes et il y a du terrain pour bâtir. »

C’est le début d’un apostolat fructueux : les premières novices malgaches arrivent en 1954.

Source : ACF, 10HS2, lettre de nouvelles des fondatrices de Madagascar
Source : ACF, 10HS2, lettre de nouvelles des fondatrices de Madagascar

Lettre des fondatrices relatant l’arrivée dans la maison

Source : MM, B-MA-TAN(1)

Les quatre premières jeunes filles à prendre l’habit à Madagascar (le 11 février 1954) : Sœurs Marie-Ernestine (Ernestine Rasoazanadrafara), Marie-Aimée (Hélène Razanajao), Marie-Blandine (Blandine Razanadrasoa), Marie-Bernard (Thérèse Rasoazanamanana).

En septembre 1949, l’archevêque Peter McKeefry de Wellington visite la maison-mère du Cénacle à Paris. Au cours de sa visite, il invite officiellement les sœurs à établir une maison de retraites du Cénacle à Auckland. En février 1950, les sœurs Anna Doherty et Helen Lynch, de la province de l’Est de l’Amérique du Nord, se rendent à Auckland pour étudier la possibilité d’y fonder un Cénacle. Sœur Helen Lynch est une expatriée néo-zélandaise qui a déménagé avec sa famille aux États-Unis ; elle caresse depuis longtemps le rêve de voir s’établir une communauté du Cénacle dans son pays natal. Mgr James Liston, évêque d’Auckland, conduit lui-même les sœurs ici et là pour les convaincre que l’apostolat des retraites peut prospérer dans son diocèse. Convaincues, les sœurs fondent en 1953 le premier Cénacle de Nouvelle-Zélande à Glen Innes, au 268 West Tamaki Road, dans une belle propriété surplombant l’estuaire de Tamaki.

Source: NAP, P-III Photographs, PH235_003

La première maison du Cénacle à Auckland, Nouvelle-Zélande

En 1963, le bulletin de nouvelles du Cénacle de Nouvelle-Zélande, intitulé simplement The Cenacle, publie un article commémorant la fondation du Cénacle à Auckland, avec un récit des premiers jours de fondation. Voici deux pages de cet article.Sur la page de gauche, on raconte que l’achat de la maison à Glen Innes par les sœurs du Cénacle a fait la une des journaux. Le dessin de la page de droite montre une voiture chargée des effets personnels des sœurs, alors qu’elles quittent leur domicile temporaire chez les Sœurs de la Miséricorde à l’hôpital Mater, pour rejoindre la nouvelle maison du Cénacle sur West Tamaki Road.

“The Cenacle”, 1963. Source: NAP, A-II New Zealand, Box 3

Récit de la célébration de la fondation en Nouvelle-Zélande

En 2003, à l’occasion du 50e anniversaire de la fondation du Cénacle en Nouvelle-Zélande, Sœur Lilian Beaudry partage quelques souvenirs des premiers jours à Auckland : « En 1953, quatre sœurs américaines entreprirent le long voyage jusqu’en Nouvelle-Zélande. On aurait pu nous appeler les « 4 B », puisque nous nous appelions Bishop, Bowden, Bridge et Beaudry. On aurait également pu nous appeler la communauté fondatrice, avec les sœurs White et Barbara O’Brien. Un peu plus tard, les sœurs Jill Raphael et Helen Strain se sont jointes à nous pour la première messe au Cénacle d’Auckland, le 8 septembre 1953. »

Source, NAP, A-II New Zealand, Box 1

1953 Les Sœurs fondatrices à Auckland

De gauche à droite : les Sœurs Lillian Beaudry, Helen Strain, Barbara O’Brien, Elizabeth White, Mabel Bishop, Doris Bowden, Jill Raphael, et Mary Bridge.

Il faudra trois offres étalées sur 60 ans pour que la fondation en Irlande aboutisse.

En 1891, Mère Marie Aimée Lautier, Supérieure générale, charge Mère de Grimaldi d’étudier l’opportunité de fonder en Irlande, où la Congrégation est appelée par des laïcs. Il ne s’agit pas de fonder dans l’immédiat cependant. L’étude n’aboutit pas à une fondation. À la place, Mère de Grimaldi est envoyée fonder la première maison des États-Unis, à New-York. En 1922, deuxième offre de fondation… sans effet. La troisième sera la bonne…

Le 16 septembre 1953, monseigneur McQuaid C.S.Sp., archevêque de Dublin, rend visite à la maison de Paris pour proposer une propriété.

Source : MM, 3S 3-15.

« Les quatre fondatrices. Killiney. Février 1954”.

Les quatre fondatrices s’installent début 1954 dans une maison achetée à Killiney, banlieue côtière de Dublin. Ce sont les Mères Kathleen Reid (supérieure) et Joan Harrow et les Sœurs Lucina Egan et Walburga Bradshaw.

 

Les nouvelles de la communauté envoyées au généralat font état d’un apostolat qui commence bien. Les Sœurs sont aussi enchantées par le cadre. « Tous ceux qui nous rendent visite sentent que c’est ici un lieu idéal pour les retraites. Dieu est toujours présent dans la nature, et les jardins nous ont procuré toute une suite de surprises… ». L’abondante production de fruits et légumes permet d’en donner quelques-uns au voisin. En retour, l’archevêque donne quotidiennement une bouteille de lait de ses vaches ! (circulaire des nouvelles de la Congrégation envoyée aux communautés, 29 sept. 1954).



Source : MM, 3S 3-15

La maison en août 1955, avec Mère Peggy Pascoe et Sœur Walburga Bradshaw.

Source : MM, B-EI-KIL.

« Vue des couloirs du 1er étage du Cénacle de Killiney », 1953.

En réponse à l’appel de Mgr Carboni, nonce apostolique à Lima, les sœurs de la toute nouvelle province du Nord-Est en Amérique du Nord arrivent au Pérou en 1966.

Le 19 mars 1966, Mère Florence Murphy, supérieure de la province du Nord-Est, et les cinq fondatrices du Cénacle de Lima prennent possession d’une maison située 3420 avenida Arequipa, San Isidro. Le premier chant entonné dans la maison est une invocation à saint Joseph. Dans le grand jardin, les sœurs découvrent un figuier couvert de fruits mûrs d’un violet profond : la couleur du Cénacle. Le lendemain de leur arrivée, les sœurs commencent à nettoyer la maison et à procéder aux réparations nécessaires, pour préparer la célébration de bénédiction du 23 avril 1966. Dans les illustrations ci-dessous, Sœur Mary Lou Powell, l’une des fondatrices, dépeint avec humour ce travail préparatoire à l’accueil des premiers invités dans la maison.

Source : NAP, P-III Photographs, PH236_034

La première maison de retraites du Cénacle à Lima, au Pérou.

Source: NAP, A-II Lima, Peru, Box 2

1er dessin, avec un ouvrier perché sur une échelle : « Attendez ! Notre Mère a changé d’idée ! ».

Source: NAP, A-II Lima, Peru, Box 2

Second dessin, avec des sœurs près d’un évier : « Ma Sœur, vous avez un peu de peinture sur vous ! »

Très attendue, la bénédiction de la maison par le cardinal a lieu le 23 avril 1966. Sur la photographie ci-dessus, on peut voir, de gauche à droite, les sœurs Aida Robles, Saturia Gutierrez, Grace Doyle, John Cardinal Landazuri Ricketts, les sœurs Mary Lou Powell et Gina Terrazas. « Le Cardinal, debout devant notre autel, nous donna une magnifique conférence sur le Cénacle… Il présenta notre maison comme une nouvelle cause de joie et un autre signe de la présence du Christ parmi nous. À une époque de superficialité et de mouvement incessant, une maison comme celle-ci, invitant les femmes à la réflexion et à la prière, est profondément nécessaire. »

Source: NAP, P-III Photographs, PH236_174

La communauté fondatrice du Cénacle de Lima avec le Cardinal Landazuri Ricketts

En 1967, Angelina Villanueva, des Philippines, écrit à Sr Geneviève Donahue, supérieure du Cénacle de Wayzata dans le Minnesota (USA) pour demander à entrer au Cénacle comme postulante. Angelina a connu le Père John P. Delaney, s.j., quand il était aumônier de l’UPSCA, l’Université de l’Action catholique des étudiants aux Philippines. Elle l’a entendu parler des sœurs du Cénacle et de leur apostolat des retraites. Il avait désiré faire venir le Cénacle aux Philippines, mais était mort en 1956, avant que son désir puisse se réaliser. Angelina sent que Dieu l’appelle à la vie religieuse au Cénacle, elle écrit donc à Sœur Donahue, que le P. Delaney avait rencontrée en donnant une retraite au Cénacle de Boston avant son départ pour les Philippines. Avec l’approbation de la Supérieure de la province du Midwest, Angelina Villanueva entre au Cénacle en septembre 1957 à Ronkonkoma (New-York). En avril 1958, Felicidad Villareal, elle aussi ancienne étudiante du P. Delaney, la rejoint. À l’automne, Vicenta Saniel, Lily Quintos et Purification Bautista entrent également au noviciat. Mère Barlow, voyant ce développement, y reconnaît la main de Dieu. « Quand elles feront leurs vœux définitifs, dit-elle, nous irons aux Philippines ».

Source: NAP, A-II Philippines, Box 4

Les six fondatrices du Cénacle des Philippines à Carmichael, Californie

Le 11 octobre 1967, les fondatrices se rassemblent au Cénacle de Carmichael, avant de rejoindre San Francisco et d’embarquer à bord d’un navire pour les Philippines. Les six membres de la communauté de fondation sont, de gauche à droite : Sœurs Lily Quintos, Felicidad Villareal, Margaret Byrne, Purificacion Bautista, Angelina Villanueva, et Vicenta Saniel.

Source : NAP, P-III Photographs, PH237_001

Les sœurs Purificacion Bautista et Margaret Byrne, à bord du S.S. President Wilson, disent au revoir aux sœurs qui sont sur le quai à San Francisco

Le 12 octobre 1967, les six fondatrices des Philippines embarquent à bord du S.S. President Wilson et commencent leur voyage pour Manille. En octobre 2025, Sœur Bautista écrit à propos du trajet : « Je me rappelle encore de ce moment où tant de passagers se tenaient sur le pont du bateau quand le S.S. President Wilson passa sous le pont du Golden Gate, qui s’effaça lentement dans le crépuscule. Notre premier arrêt, Honolulu, fut atteint après seulement QUATRE jours (maintenant deux heures d’avion !). Nous six avions six lits superposés dans une cabine de la taille de nos anciennes chambres du 513 [le Cénacle du 513 West Fullerton à Chicago, Illinois] ! Nous avons vogué 21 jours sur le vaste Océan Pacifique à un moment de l’année qui était le pire pour la navigation : la saison des tempêtes. Nous nous en sommes rendus compte après en avoir essuyé une de trois jours entre Yokohama (Japon) et Hong-Kong. Arrivée au port de Manille le 1er novembre 1967 pour la fondation du premier Cénacle asiatique aux Philippines ».

Source: NAP, A-II Philippines, Box 4

Les fondatrices des Philippines le jour de Noël 1967

Prise le jour de Noël 1967, cette photo montre la communauté des fondatrices des Philippines serrées les uns contre les autres à l’intérieur d’une Jeep, devant le premier Cénacle à Quezon City : une maison louée au n°1 Mayaman Street, Diliman, University of Philippines Village. Dans leur recherche d’une maison plus durable, les sœurs sont grandement aidées par le P. Ortiz, s.j. : grâce à ses relations, il trouve en janvier 1968 une propriété disponible à Nicanor Reyes. Les sœurs espèrent alors acheter une autre propriété qui puisse servir de quartier pour la communauté : elles estiment qu’il n’est pas souhaitable de partager leur lieu de vie avec les retraitantes. Peu après l’achat de la propriété à Nicanor, elles sont informées qu’une propriété voisine est disponible : elle est adjacente et peut être reliée à la précédente par un passage. Une fois acquise la maison Salvador, les sœurs déménagent de la maison Mayaman.

Entrée de la maison

La dédicace de la maison de retraites a lieu le 2 juin 1968, dimanche de la Pentecôte, au cours d’une eucharistie célébrée le matin par le P. Matt Sanchez, s.j., suivie par la bénédiction de la maison par le P. Horacio de la Costa s.j., désormais supérieur provincial. Une journée portes ouvertes a lieu le jour suivant, 3 juin 1968, pour tous les autres invités, membres des familles et amis qui n’avaient pu être accueillis lors de la dédicace de la maison.

Source : Région d’Asie

Le centre spirituel, situé au 59 rue Nicanor Reyes, Quezon City.

Source : Région d’Asie.
Source : Région d’Asie.

L’inauguration du centre spirituel du Cénacle, situé au 59 rue Nicanor Reyes, en juin 1968

Le 5 mars 1969, Sœur Margaret Byrne, supérieure de la province du Midwest en Amérique du Nord, écrit à l’archevêque coadjuteur Juan Carlos Aramburu de l’archidiocèse de Buenos Aires, pour accepter son invitation à commencer un travail apostolique en Argentine. Elle propose d’envoyer deux sœurs pour vivre deux années d’expérimentation.

Le 20 août 1969, un télégramme de l’archevêque Juan Carlos Aramburu à Sœur Margaret Byrne salue l’arrivée prochaine des sœurs Elizabeth Galbraith et Marie Vandenbergh à Buenos Aires. L’archidiocèse met à disposition du Cénacle une grande maison de campagne qui, après rénovation, pourra convenir à l’œuvre des retraites. Durant les travaux d’ « El Cenaculo », les sœurs Galbraith et Vandenbergh s’installent pour un temps à l’Hôpital des Sœurs de la Petite Compagnie de Marie, le LCM Hospital dont il est question dans le télégramme.

Source: NAP, A-II South America, Box 1

A telegram from Archbishop Aramburu to Sister Margaret Byrne

Source: NAP, P-III Photographs, PH244_018 and PH244_019

L’archevêque Aramburu avec la Soeur Vandenbergh

Source: NAP, P-III Photographs, PH244_018 and PH244_019

L’archevêque Aramburu avec la Soeur Galbraith

En octobre 1970, la rénovation de la maison de retraites promise est achevée et les sœurs Galbraith et Vandenbergh déménagent dans la « Casa de Retiro El Cenaculo », située près de Pilar, à l’extérieur de Buenos Aires. La carte ci-dessus, tirée d’une brochure de 1971, fournit les indications nécessaires pour parvenir à la maison du Cénacle, située Casilla de Correo 2.

Source: Source: NAP, A-II South America, Box 1

Carte situant la maison de retraites du Cénacle à Pilar, en Argentine

À la fin des années 1970, à la demande de l’archevêque Francis Rush de Brisbane (Australie), Sœur Rita Foy, supérieure générale des sœurs du Cénacle, accepte que la Congrégation fonde à Brisbane. Les sœurs du Cénacle de Nouvelle-Zélande vont fournir le personnel pour cette nouvelle aventure. En 1979, Sœur Kathleen Ryan, supérieure régionale de Nouvelle-Zélande, et Sœur Pat Clouston voyagent jusqu’à Brisbane pour rencontrer l’archevêque Rush et chercher un lieu susceptible de convenir pour une maison de retraites. Après deux semaines de recherches, alors qu’elles en viennent à penser que Dieu ne souhaite pas les voir trouver une propriété tout de suite, le secrétaire de l’archidiocèse, Dan Flynn, leur signale un emplacement à Ormiston, à côté des sœurs carmélites. La propriété s’appelle le « Champ de St Joseph » et elle est idéalement située : elle descend vers la Baie Moreton, est facile d’accès, dans une zone en plein développement. Les Sœurs du Cénacle achètent la propriété aux Carmélites, mais la construction d’une maison de retraites ne commence pas avant septembre 1983.

Source: NAP, A-II Australia, Box 1

Article de journal relative à la fondation d’un nouveau Cénacle en Australie,  avec des photos des sœurs Pat Clouston, Kathleen Ryan, Doris Blackledge et Clare O’Connor

Le 7 mars 1980, les sœurs Kathleen Ryan, Pat Clouston, Clare O’Connor et Doris Blackledge arrivent à Brisbane et se voient offrir l’usage d’une ancienne maison paroissiale, dans le quartier de Clayfield. Sœur Ryan part à Rome le 22 mars et, après deux mois d’aide à l’installation de la communauté, Sœur Blackledge retourne en Nouvelle-Zélande. Il reste une communauté de deux sœurs : les sœurs Clouston et O’Connor. Quatre ans durant, leur apostolat se déroule à l’extérieur de la maison de Clayfield : elles animent des retraites dirigées, des jours de prières et des retraites à domicile dans les paroisses de Brisbane et donnent des week-ends de retraite dans la campagne environnante.

Source: NAP, A-II Australia, Box 1

Lettre de janvier 1980 de la Supérieure régionale de Nouvelle-Zélande Kathleen Ryan, avec la première adresse temporaire des sœurs à Brisbane

La construction de la maison de retraites du Cénacle à Ormiston, une banlieue de Brisbane, est achevée en mai 1984. La célébration de bénédiction et d’ouverture de la maison a lieu le dimanche de Pentecôte, 10 juin 1984. Deux cents invités de tout l’archidiocèse assistent à la célébration, présidée par l’archevêque Rush.

Source: NAP, A-II Australia, Box 1

Flyer de 1984 annonçant la bénédiction et l’ouverture de la nouvelle maison du Cénacle en Australie

En 1988, la Supérieure générale Barbara Ehrler reçoit d’un prêtre des Missionnaires d’Afrique (Pères blancs) une demande de collaboration des sœurs du Cénacle à la vie et à l’apostolat d’un centre de renouveau spirituel au Ghana, en Afrique de l’Ouest. La demande a été transmise par Mgr Sarpong, évêque du diocèse de Kumasi. Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’une fondation puisque les sœurs rejoindraient un centre de renouveau spirituel déjà en activité, la mission au Ghana fait écho aux résolutions du Chapitre général de 1986 où les sœurs étaient appelées à : « vivre l’internationalité comme une ouverture du cœur ; une ouverture qui va plus loin que le nationalisme, qui nous permet d’accepter la diversité des mentalités et des cultures et de partager nos richesses et nos pauvretés. » En août 1990, trois sœurs du Cénacle sont envoyées en mission au Centre de renouveau spirituel de Kumasi. Les Sœurs Rita Anne Houlihan et Anélie Arao viennent des provinces d’Amérique du Nord et Sœur Helen Grealy vient de la province d’Angleterre-Irlande. Toutes trois rejoignent une communauté internationale d’hommes et de femmes issus de différentes congrégations et chargés de la gestion du centre.

Source: NAP, G-I Governance, Box 602_01

Les missionnaires du Cénacle au Ghana rassemblées à Rome en 1990

Les premières sœurs envoyées en mission au Ghana se rassemblent au Généralat à Rome avant leur voyage au Ghana. De gauche à droite : Sœurs Anelie Arao, Rita Anne Houlihan, et Helen Grealy.

Les sœurs du Cénacle assument la responsabilité du Centre de renouveau spirituel en 1993. Cela signifie qu’elles choisissent un directeur parmi elles, qu’elles forment le noyau de l’équipe chargée de l’animation, en même temps qu’elles veillent à conserver une équipe internationale de religieux et religieuses issus d’autres congrégations. À cette époque, les sœurs Arao, Houlihan et Grealy ont été rejointes par une quatrième sœur du Cénacle, Siobhan Sheridan, de la province d’Angleterre-Irlande. Sœur Sheridan est nommée directrice du centre en avril 1993. Quand une ou deux sœurs s’en vont, de nouvelles sœurs arrivent : les sœurs Patricia Chalmers (Province d’Angleterre-Irlande) et Mary Spratt (province de l’Est des Etats-Unis). En 2000, les sœurs du Cénacle cessent leur mission au Ghana en raison d’une diminution du nombre de sœurs disponibles.

Source: NAP, P-III Photographs, PH605A_002 and PH605A_003
Source: NAP, P-III Photographs, PH605A_002 and PH605A_003

Le Centre de renouveau spirituel, Kumasi, Ghana, vers 1990

En 1992, encouragées par le Père Victor Hounnaké, directeur de l’Enseignement catholique du pays, deux jeunes Togolaises attirées par la vie religieuse partent découvrir l’apostolat de la Congrégation du Cénacle en France. Parmi elles, Sr Toussainte Djondo, qui s’y est depuis engagée. Ce premier pas est reçu par la province France-Suisse, et par toute la Congrégation, comme un appel. Il est suivi d’échanges épistolaires réguliers avec le Togo, jusqu’à une invitation expresse en 1994, des archevêques de Lomé et d’Aného de venir fonder un Cénacle au Togo.

Source : ACF, 3S2 / 7.

Photographie de Sr Ghislaine Côté et de Mgr Hounnaké.

Source : ACF, 3S2 / 7.

Photographie d’une fresque du Cénacle dans la cathédrale de Kpalimé

Sr Ghislaine Côté, supérieure de la Province France-Suisse, se lance en janvier 1995 dans un premier voyage exploratoire. La découverte d’une fresque représentant le Cénacle dans la cathédrale de Kpalimé et la chaleur de l’accueil reçu sont autant de « clins Dieu » qui confirment le souhait de fonder. Aussi, malgré le décès de Mgr Hounnaké à l’été 1995, le projet continue avec son successeur, Mgr Dossavi.

En septembre 1996, trois religieuses sont envoyées : Sr Marguerite Razafimbololona, de Madagascar, Sr Simone Daneels et Sr Marie-Jo Isnard, de France. Leur mission ? Vivre deux années d’apprentissage, d’expérimentation apostolique et de prospection éventuelle pour une vraie fondation.

Source : ACF, 3S2 / 8.1

Les 3 fondatrices

Elles s’installent dans une petite maison prêtée par le diocèse à Vogan : si la situation est bonne, l’étroitesse des lieux ne permet gère d’accueillir largement et le bruit de la ville est gênant.

Aussi, après dix ans de présence, et une fois obtenue la reconnaissance légale de la Congrégation par le Togo, vient le temps de la construction d’un vrai centre d’accueil spirituel, au lieu-dit Pedakondji. Inauguré en 2014 après sept ans de travaux, il est aujourd’hui animé par une dizaine de sœurs et rayonne au-delà des frontières du pays.

Source : ACF, 3S2 / 8.1

1er Cénacle togolais

Source : ACF, num.

Le Cénacle togolais aujourd’hui

Trente ans après la fondation du premier Cénacle aux Philippines, le Cénacle de Singapour est ouvert en 1997. Bien des années avant l’événement, plusieurs sœurs philippines se rendaient déjà à Singapour pour donner des conférences, des séminaires et des retraites : les sœurs Linda Lizada, Guia Jambalos, Teresita Soriano et une soeur australienne, Sr. Pat Clouston. Sœur Francisca Tan, la première vocation singapourienne, apportait une aide réelle à ces activités en tant que laïque. C’est ainsi qu’elle a approché le Cénacle. En juin 1997, elle prononce ses vœux définitifs dans sa paroisse de résidence, à l’église Ste Thérèse de Singapour. Peu après, en juillet 1997, à l’invitation de l’archevêque Gregory Yong, le Cénacle se lance dans une fondation là-bas, avec, au début, sœur Francisca Tan et sœur Emma Exconde. L’archidiocèse donne au Cénacle un endroit où s’installer, à Jurong West. En septembre 1998, Sœur Hazel Suarez est envoyée en mission à Singapour, bientôt suivie par Sœur Emma Garcia quand sœur Francisca part aux Etats-Unis pour étudier.

Source : A-II Philippines, Box 1

Article du journal Catholic News Singapore (14 décembre 1997)

En avril 1999, le Cénacle signe un contrat de location, pour deux ans, du second étage de la maison du noviciat des religieuses du Bon Pasteur sur Thomson Road, qui devient ensuite le Centre spirituel du Cénacle. En 2000, sœur Mari Ramos devient membre de la communauté. Les sœurs donnent des séminaires et des retraites, non seulement à Singapour, mais aussi en Malaisie, Indonésie, Thaïlande et d’autres pays où le Cénacle est invité.

Source : Région d’Asie

La maison du Cénacle à Jurong West en 1997

Source : Région d’Asie

L’évêque de Singapour Gregory Young visite la maison du Cénacle. Ici avec les sœurs Emma Exconde et Francisca Tan (4 décembre 1997)

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