Dès le lendemain de la mort de Mère Thérèse, la mémoire des deux fondateurs se trouve intimement liée dans la prière de la Congrégation. Le 25 août 1886, une lettre de la Supérieure générale instaure une neuvaine pour obtenir leur « glorification ». Désormais, chaque année, messes et communions sont offertes le 26 septembre pour Mère Thérèse et le 12 décembre pour le Père Terme.
Cette association spirituelle se double rapidement d’une volonté d’ouvrir conjointement leurs Causes de béatification. Mère Marie Aimée, Supérieure générale, déploie une énergie considérable pour que la sainteté des fondateurs soit proposée en modèle à l’Église universelle. Au Chapitre général d’août 1887, Monseigneur Raffaele Virili est nommé Postulateur général unique pour les deux causes. Des milliers de reliques de Mère Thérèse circulent déjà et la collecte des souvenirs s’organise.
Les Causes sont initiées dans leurs diocèses respectifs : Lyon pour Mère Thérèse, Viviers pour le Père Terme. Les chemins canoniques des deux fondateurs se séparent.
Le Père Terme : une ferveur populaire sans lendemain canonique
Les recherches historiques sur le Père Terme débutent précocement, sous l’impulsion de Mgr Ernest Bourret, évêque de Rodez et ami de la Congrégation. Originaire du village voisin du Plagnal, Mgr Bourret encourage le curé local à recueillir des témoignages et des documents, permettant ainsi la sauvegarde de pièces précieuses, telle la lettre de 1830 sur le Sacré-Cœur écrite au curé de Payzac.
Le 23 août 1882, on procède à l’exhumation du Père Terme. Ses restes quittent la terre du cimetière pour être scellés dans le mur de l’église du Plagnal. Cette proximité physique accroît la dévotion des fidèles. En 1888, l’abbé Vinson, curé de Saint-Étienne-de-Lugdarès, écrit pour Mgr. Bonnet de Viviers un rapport sur les grâces obtenues par l’intermédiaire du Père Terme.
Peu après l’exhumation, il est demandé aux communautés de faire une neuvaine par l’intercession du Père Terme pour obtenir la guérison de Mère de Fraix qui est au plus mal. La Congrégation fait vœu au fondateur, s’il exauce, de travailler à sa béatification.
Malgré l’enthousiasme de la population locale, constatée sur place par Mère Marie Aimée en 1890, et les démarches entreprises, la Cause du Père Terme rencontre des obstacles. Dès 1891, l’évêque de Viviers émet des réserves sur la poursuite de la Cause. Il est rendu prudent par le souvenir des lourdes charges financières supportées lors d’une cause antérieure dans le diocèse.
La Congrégation continue ses efforts. Elle publie, par exemple, en 1914 une brochure biographique. Mais la Cause du missionnaire ardéchois ne dépasse pas le stade préliminaire.